
Clémentine Moulin

Christian de Marliave

Daniel Cron
En 1893, l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen se laisse volontairement prendre dans les glaces à bord du Fram, pariant que la dérive de la banquise le portera jusqu'au pôle Nord. Il lui faudra trois ans. Plus d'un siècle plus tard, les Russes puis, la goélette Tara renouvellent ce pari : entre 2006 et 2008, le navire de la fondation dérive 507 jours au cœur de l'Arctique, associée au programme scientifique européen Damoclès, pour étudier l'état de la banquise et l'accélération du réchauffement climatique.
De cette première dérive est né un nouveau projet, plus ambitieux encore : Tara Polar Station. Conçue pour rester prise dans les glaces sur le très long terme, cette base polaire dérivante n'a rien d'un navire classique : sa coque ovale, pensée pour être soulevée par la pression de la banquise plutôt qu'écrasée par elle, lui permet d'accueillir jusqu'à vingt scientifiques et marins, dans cinq laboratoires, pour des missions de plusieurs mois en totale autonomie énergétique.
Baptisée à Lorient, la station a rejoint l'Arctique après une dérive test réussie en 2025 (cf le documentaire diffusé à 16h45). Sa première grande mission scientifique, Tara Polaris I, y est actuellement en cours.
Cette table ronde reviendra sur l'histoire des dérives en Arctique, sur les origines de la première dérive de Tara jusqu'au programme actuel de Tara Polar Station : la vie à bord, le travail scientifique mené sur la banquise, et ce que ces missions, nous apprennent d'un Arctique en pleine mutation.
Pour en parler :
> Clémentine Moulin, Directrice des expéditions de la Fondation Tara Océan ;
> Christian de Marliave, spécialiste des mondes polaires, à l'origine du programme scientifique de la première dérive de Tara ;
> Daniel Cron, capitaine au sein de la fondation Tara Océan.
Une table-ronde animée par Daphné Buiron, docteure en climatologie et glaciologie et guide polaire.